Stéphanie Solinas /Dominique Lambert / RVB Books/ Rencontre

Vendredi 13 janvier à 19h, rencontre avec Stéphanie Solinas animée par Laure Limongi à l’occasion de la publication de Dominique Lambert chez RVB Books.

solinas

Dominique est le prénom mixte le plus donné en France, il est aussi le vingt-septième prénom le plus porté; associé à Lambert, vingt-septième nom de famille également le plus porté. Est ainsi définie comme population d’étude les cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert répertoriés dans l’annuaire des particuliers (Pages Blanches, France). Après avoir rassemblé diverses analyses relatives à la caractérologie du prénom Dominique, il est demandé à chacun des Dominique Lambert, par courrier, de réaliser un test de personnalité et de remplir un portrait chinois. À partir de ce dernier, pour les Dominique Lambert ayant répondu, un portrait écrit est élaboré, avec l’aide du Comité Consultatif pour la Description des Dominique Lambert (composé d’un psychologue, un statisticien, un inspecteur de police, un juriste, un consultant en identité visuelle). Ce texte a constitué la base du portrait dessiné par le peintre Benoît Bonnemaison-Fitte. Le portrait dessiné a ensuite été transformé en portrait robot par Dominique Ledée, enquêteur de police de l’Identité Judiciaire. Un modèle présentant une ressemblance évidente avec le portrait robot a ensuite été recherché, dans la réalité, pour être photographié. Une enveloppe cachetée contenant la photographie d’identité du Dominique Lambert auteur du portrait chinois clôt la chaîne des représentations. Dans Dominique Lambert, chaque transmission d’information s’accompagne d’une déperdition et une création de données inévitables, qui deviennent autant d’interprétations. Cependant, les Etats se fondent sur ces méthodes pour représenter nos identités et définir officiellement une identité nationale. Ici, n’y voyons pas une prise de position; Dominique Lambert veut être un questionnement du pouvoir de la représentation sur l’identité même. Au vu de la multiplication, de la dispersion, de l’identité des cent quatre-vingt-onze Dominique Lambert, l’étude de cette microsociété arbitrairement définie manifeste l’écart entre le travail d’investigation pour construire l’identité, sa représentation, sa réalité. Alors, si une logique de contrôle établit des « maîtres des identités », peut-être est-ce un peu à la manière d’Ubu qui voulut être « maître des phynances »… Car toujours quelque chose échappe, à nous de savoir voir, d’interroger les clichés comme les singularités, et d’inventer la société qui vient.

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