Valérie Rey-Robert / Le sexisme, une affaire d’hommes / Débat

Jeudi 12 mars à 19h30

« Les violences patriarcales sont le produit d’un système de croyances dans lequel les hommes doivent dominer. La masculinité est partout liée au pouvoir et au contrôle ; les garçons l’apprennent dans leurs familles, par les médias, leurs copains, les jeux, le sport. Et tout en apprenant qu’il faut être fort et puissant, ils apprennent aussi que ce qui est féminin vaut moins que ce qui est masculin. »

« On ne naît pas homme, on le devient. »
C’est en partant de ce postulat que Valérie Rey-Robert analyse la construction du genre. Selon elle, le principal problème des violences faites aux femmes est la virilité. Elle nous invite à nous questionner sur la socialisation des garçons et des filles, sur la masculinité et sa violence inhérente, sur nos stéréotypes de genre.
Il appartient de déviriliser nos sociétés, pour que les hommes cessent de tuer leurs compagnes et leurs enfants, qu’ils cessent de se tuer entre eux, qu’ils cessent de s’automutiler. Ceci ne pourra passer que par un grand travail de prise de conscience et d’éducation.
Une problématique qui nous engage toutes et tous.

Valérie Rey-Robert est l’autrice d’Une culture du viol à la française (Libertalia, 2019). Elle combat les violences sexuelles depuis vingt ans et anime le blog Crêpe Georgette.

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Lucie Rico / Le chant du poulet sous vide / Rencontre

Mercredi 11 mars à 19h30

« J’ai commencé à écrire Le chant du poulet sous vide comme un conte, de la même manière que le marketing fabrique des contes, jusqu’à nous faire croire que les animaux que nous mangeons sont d’adorables bêtes, saines et dévouées, avec lesquelles nous avons une relation. »
La mère est morte. Sa fille, Paule, revient à la ferme et à son élevage de poulets. Citadine, elle se retrouve à devoir s’occuper d’eux, les tuer et les vendre au marché. Quitte à devoir négliger son mari architecte. Mais en mettant à mort les poulets, Paule renouvelle sans cesse le deuil de sa mère. D’autant qu’elle s’attache à eux et ne parvient à les sacrifier qu’en leur rendant hommage, en écrivant leur biographie, en leur créant des stèles. Le roman est ainsi ponctué de biographies de poulet qui deviennent de plus en plus funestes. Paule trouve pour chaque petite bête un caractère. Ces biographies précèdent de peu la mise à mort. Ecrire devient à Paule aussi nécessaire que tuer.
Mais Paule entend améliorer l’existence des poulets. Elle retourne en ville avec un projet d’exploitation révolutionnaire. Le passage à l’échelle industrielle n’est pas sans risque, Paule commence à douter d’elle-même. Prise à son propre piège d’humaniser la viande à consommer, d’écrire des fictions sur les poulets. Le conte que Paule s’est inventé vire à l’absurde. Les personnages principaux du livre deviennent les poulets. Et l’humanité déraille doucement, victime de ses compromis entre son désir fou de consommation et de ses stratégies de dénégation d’une réalité sanglante.

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Alain Deneault et Romaric Godin / Rencontre

Vendredi 6 mars à 19h30

La librairie accueille Alain Deneault et Romaric Godin pour une discussion sur le capitalisme néolibéral, le macronisme, les gilets jaunes et la répression inédite des mouvements sociaux. Venez nombreux.ses !

Alain Deneault, docteur en philosophie, est notamment l’auteur de  » La Médiocratie  » (2015, Lux),  » Politiques de l’extrême centre  » (2016, Lux) et  » Faire l’économie de la haine  » (2018, Ecosociété). La publication de son « Feuilleton théorique » (en six tomes) est actuellement en cours chez Lux éditeur. Le troisième volume « L’économie esthétique » parait le 5 mars.

Romaric Godin, journaliste à Mediapart, couvre notamment l’économie française.  » La guerre sociale. Aux sources économiques de la démocratie autoritaire  » est paru en septembre dernier.

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Ludivine Bantigny / La plus belle avenue du monde / Rencontre

Jeudi 5 mars à 19h30

Une histoire sociale et politique des Champs-Élysées, des origines au Fouquet’s

Les Champs-Elysées sont un espace de projections fantasmées qui les dépeignent en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c’est un espace contesté, où s’éprouve la nouvelle guerre des classes. C’est ce que montrent aussi bien la « prise » répétée, de samedi en samedi, par les Gilets jaunes, que le côtoiement, à la fois feutré et violent, des domestiques et de leurs « maîtres ». C’est enfin un lieu populaire, où jeunes gens pauvres, stars du show-biz et mafias diverses se mélangent le temps d’une soirée.

Paris brûle-t-il ? Aux premiers samedis de décembre 2018, des scènes inouïes se déroulent sur les Champs-Élysées : des barricades sont en feu, des « Mariannes » affrontent des policiers, les vitrines de boutiques luxueuses sont brisées. Le pouvoir est visé et, avec lui, le Palais de l’Élysée : la peur s’installe au sommet de l’État. Quelques mois plus tard, le 16 mars, le Fouquet’s est saccagé. La cuirasse dont la célèbre brasserie s’enrobe ensuite, à la manière d’un sarcophage, semble parler de tout un monde enfermé là dans sa protection blindée : full metal Fouquet’s ironiseront certains. La symbolique est aussi puissante qu’inédite.

Ce livre propose de comprendre ce que signifie « prendre les Champs ». Il se plonge dans l’histoire de ce que d’aucuns nomment « voie royale », « voie de gloire » ou encore « voie sacrée ». Face à ces superlatifs qui dessinent depuis des siècles une mythologie sans cesse exacerbée, l’ouvrage invite au contrepied : au contre-champ. Recherche inédite à l’appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l’ambiguïté et la tension singulière des Champs-Élysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, prestigieuse et contestée, toujours ostentatoire dans ses habits d’apparat mais mise à nu parfois dans les moments de révolte, d’insurrection et de révolution. « Les Champs » constituent un concentré de richesses et de démesure : ils permettent de saisir ce qu’est un « beau quartier », expression qui elle-même mérite nuance et distance. Mais c’est aussi un lieu intensément politique, où se nouent et se jouent bien des conflits, comme une métaphore du monde tel qu’il est et tel qu’il est disputé, attaqué, refusé. La « plus belle avenue du monde » est-elle aussi la plus rebelle ?

Ludivine Bantigny est historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie. Elle a notamment publié La France à l’heure du monde (Seuil, 2013), 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018), ou encore Révolution (Anamosa, 2019).

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Mercredi 4 mars à 19h.

Rencontre avec Martine Courtois et Fabienne Raphoz autour de la collection Merveilleux des éditions Corti. Rencontre animée par Florian Caschera.

Dans la version de Perrault, lorsque le petit Poucet et ses frères arrivent à la maison éclairée, de l’autre côté de la forêt, la femme qui les accueille leur dit que c’est « la maison d’un ogre qui mange les petits enfants ». Le Poucet répond que de toute façon ce sont les loups de la forêt qui les mangeront : « Et cela étant, nous aimons mieux que ce soit Monsieur qui nous mange ». Même en faisant la part de l’humour noir qui rend les contes de Perrault si délicieux pour les adultes, on peut se poser la question : en quoi est-il préférable d’être mangé par l’ogre plutôt que par le loup ?

On a tendance à croire que les ogres sont comme les loups, qu’ils dévorent les petits enfants tout crus et sans pain. Or, contrairement à ce stéréotype tenace, l’ogre des contes est un être de culture, qui connaît le feu, mange des nourritures cuisinées, et a des manières de table. Mais c’est justement cette part d’humanité qui le perdra : assez socialisé pour être dans le circuit de la communication, il ne l’est cependant pas assez pour la maîtriser, de sorte qu’il se fait duper par l’enfant malin. Le parleur est toujours plus fort que le mangeur.

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Pascal Comelade / Le rien illustré / Rencontre

Mardi 3 mars à 19h.

Rencontre animée par Pierre Hild.

Le rien illustré est la première monographie consacrée à l’oeuvre graphique de Pascal Comelade. 150 reproductions couleurs + un CD «Sub-versions de salon vol. 2», 25 titres de reprises (Rolling Stones, Dylan, Kinks, Jonathan Richman, Duke Ellington, Deep Purple…) dont un medley inédit avec Les Limiñanas.

Pascal Comelade (1955) est pianiste et compositeur. Après quelques années de pratiques électroniques (1974-1981), il développe une pratique de musiques strictement instrumentales (en solo ou avec son orchestre le Bel Canto Orquestra); musiques qu’il qualifie parfois de «Muzak dégénérée». En parallèle et depuis des lustres, de façon irrégulière et en absolu dilettante, il produit quelques peintures et autres collages réalisées avec les mains et en couleur la plupart du temps. On y voit des images de tourne-disques morts, des portraits relativement ressemblants de vedettes populaires (Batman, Vince Taylor, Dean Martin…), des scènes de genre, des allégories historiques alliant audace des formes et hardiesse des coloris, des tentatives de représentations de pochettes de disques vinyles (surtout en format 45-tours), des erreurs de perspectives manifestes, le Captain Beefheart sortant d’une poissonnerie, des paysages en braille, de l’abstraction dépressive et du réalisme de Luna-Park métaphysique. On peut citer, pour ce qui est des influences  manifestes, les graffitis de vespasiennes, les vignettes Panini, les couverture de publications Elvifrance, le nu artistique, les papier-peints de chambres d’hôtel, les calendriers des PTT, les affiches de catch à quatre et les grandes heures de l’académisme
chromatique.

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Machine Pollet / Editions MF

Samedi 29 février de 17h à 20h

Rencontre autour du cinéaste Jean-Daniel Pollet à l’occasion de la parution de Machine Pollet, ouvrage collectif et restitution d’un projet de recherche de trois ans mené au sein de quatre écoles d’art françaises.

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